#6 (hors-série) – Laissez-moi fangirler en paix ! 😮‍💨

Hello tou.te.s 🙂

Comment ça va ? Si je voulais faire du small talk, je vous dirais : « Déjà le 1er juillet, que le temps passe vite, c’est fou. ». Mais c’est vrai, quoi ?! J’insiste.

Si tout va bien pour moi, au moment où vous recevez ce mail, je me trouve actuellement quelque part entre Stockholm & Oslo. Alors qu’en vrai, alors que j’écris ça on est lundi 27 juin, 15H50… Et j’ai même pas encore commencé mon sac pour partir demain.

Cette newsletter est une édition « hors-série » parce que c’est l’été et comme je vous l’ai dit en story, pour plein d’autres raisons, je n’ai pas envie de me prendre la tête. Exceptionnellement, ce mail ne comportera donc qu’une seule rubrique (votre préf’, ça vaaaa). Je vous avais dit que ma newsletter était faite pour les esprits curieux ouverts à de nouveaux horizons, pas seulement pour les amateurices de copywriting/stratégie marketing. Je tiens mes promesses 😌

En ce moment, je m’adonne à ma grande passion : les concerts (de mes artistes préférés). Et ça m’a donné une idée. Cette semaine, j’ai envie de vous parler fan culture et de tout ce que cela englobe. En espérant que ça vous intéresse ; on y va !

💭 Pensées (pas si) brèves & brèves pensées

J’étais là, au beau milieu de la foule, au concert de Lorde, pour son étape du Solar Power Tour dans la salle mythique de Radio City, à New York. Mon premier show depuis que ce satané virus a débarqué. Moi, la fangirl de service, qui me rend à des concerts sur un coup de tête. Là, ça n’a pas manqué j’ai décidé d’y aller + convaincu mon mec + dégoté des places en 15mn, deux heures avant le concert. Excitation au max. The good ol’ days!

Depuis toujours (genre… vraiment), je suis cette pote qui a des anecdotes improbables avec le star system : des souvenirs de concerts vécus, de célébrités croisées, de souvenirs en tous genres. Toujours un avis sur le dernier album d’un.e tel.le ou les dernières rumeurs. À l’affût de places de concert pour une tournée qui aura lieu dans 18 mois. J’ai toujours été une fangirl, ça me colle à la peau, c’est une partie de moi. Même en prenant de l’âge, ça ne me quitte pas. Et j’adore ça !

 

Le concept du « guilty pleasure »

Pourquoi, Ô grand POURQUOI devrais-je avoir honte d’adorer des artistes populaires ? Ça, je ne l’ai jamais envisagé ni compris. On m’a raillée, on a tenté de m’humilier parce que j’aimais les comédies musicales, les chanteurs populaires (big up à ma Christophe Maé era, celles qui savent SAVENT), les boysbands ou encore Twilight. Pour ces gens, je suis le cliché girly… Mais ça m’est toujours passé au-dessus.

Et si j’étais simplement quelqu’un qui ne s’empêche pas de vivre et de kiffer des trucs « mal vus » par la société, de passer pour une extra-terrestre (notamment quand j’étais ado). Quel bonheur de vivre tout cela à fond ! Les personnes qui se moquent ouvertement des fans, surtout des adolescentes, doivent être bien aigries. Vous loupez quelque chose, les gars, mais continuez de baigner dans votre seum ! Pendant ce temps, on fait la chenille dans la fosse au concert d’Harry Styles. 🕺🏻

Le fait que la société ridiculise tout ce qu’aiment les adolescentes/jeunes femmes trahit une profonde misogynie. Vous me direz : « no shit, Sherlock?! ». Ouais. C’est aussi l’une des causes qui m’a amenée à revendiquer mon féminisme : être une fangirl depuis ma plus tendre enfance (2B3, puis Lorie et Britney ❤️) m’a appris beaucoup sur la misogynie, finalement, puisque j’en étais la cible. Lisez cet article (🇺🇸) pour comprendre.

Pour les livres, les séries comme la musique : le concept de plaisir coupable, c’est non. Y’a pas de plaisir « acceptable », y’a que des trucs qu’on kiffe.

Internet, fan culture & communautés

De Skyblog à Twitter, en passant par MySpace et Tumblr : les fandoms (ou fanbases) ont régné et règnent toujours sur Internet.

Les memes défilent et avec eux, les phrases-clés, inside jokes, les grands événements retransmis en direct, les coups d’éclats et les moments-clés de leurs carrières : en ligne, on suit tout de l’actualité de ses « faves » (favoris). Et surtout, on tisse des liens avec une communauté qui a les mêmes centres d’intérêts et, généralement, se soutient avec bienveillance. Peut-être même que si l’on souffre d’isolement dans la « vraie vie », on se sent moins seul.e. Parfois, on rencontre ses copines virtuelles dans le réel et c’est trop cool (pensées pour mes girlies lisant ces mots).

L’aspect communautaire est très important pour les fans, dont la majorité sont des femmes (qu’on se le dise) Internet est THE place to be pour ça, je ne vous apprends rien. Dans son article « One Direction fangirls created the internet as we know it », Kaitlyn Tiffany l’explique bien : au début des années 2000, sur Internet, déjà, un écart s’est creusé entre les hommes et les femmes. Les études ont montré que les femmes, surtout les jeunes femmes, utilisaient Internet comme un moyen de communiquer et se rassembler, une sorte d’alternative au téléphone. Les hommes, eux, y avaient davantage recours comme un levier social professionnel ou en tant que moyen de promotion.

Et, d’ailleurs, en parlant des hommes… Vous avez déjà vu des fans de football pendant un match de leur équipe préférée ? C’est quoi la différence avec les fangirls ? Ah, on me dit dans l’oreillette qu’il s’agit du patriarcat et des double standards de la société. Eux, ce sont des êtres rationnels simplement passionnés de sport. Nous, les meufs, on est hystériques, irrationnelles et obsédées. Bien entendu.

Harry a tout compris au pouvoir que détiennent les fangirls. You tell ’em, H. Source

Ô doux capitalisme, ô doux marketing

Clairement, je paye les factures d’Harry Styles en ce moment. Mon seul vrai kif sur lequel je ne me raisonne pas, ce sont les concerts, vous l’aurez compris. Si j’achète un vinyle de temps à autres, j’essaie de limiter ma consommation globale et de me dire que non, je n’ai pas besoin de 26789 t-shirts et autres dérivés de merchandising à l’effigie d’Harry et consorts. Mais j’ai 27 ans, normal, je sais que c’est inutile (et souvent hyper moche). Quand j’étais ado, c’était pas la même.

Bref, je ne suis pas là pour détailler mon ticket de caisse à la sortie de Fangirl Land. Plutôt pour observer, ce que j’ai eu le temps de faire, en 20 ans de carrière dans le fangirlisme. Je voulais plutôt évoquer le marketing autour de la fan culture, surtout depuis que celle-ci est devenue mainstream (dans les 2010s). Le terme « boyband » est lui-même un nom de produit marketing ; culturellement, on en apprend sur la cible plutôt que sur le produit. « Boyband », avouez-le ; ça sonne comme « produit pour adolescentes sans cervelle et aux préoccupations débiles ».

Tout a été créé et marketé dans ce sens, j’ai même moi-même été choquée & déçue de tomber dans le panneau 1D aussi facilement, quelle midinette (eh j’avais 17 ans, pas encore féministe, don’t judge). Ça n’empêche pas que j’ai toujours été mal à l’aise avec tout ce marketing autour des artistes et des boysbands.

Le prix des places de concert est devenu exponentiel, quand est-ce que c’est devenu normal de payer plus de 100€ la place à n’importe quel concert d’artiste pop ? Faut être privilégiée, maintenant, pour être une fangirl, clairement je le reconnais. Donnez un titre honorable aux fangirls, faut voir la tune qu’elles versent dans l’économie. Regardez Twilight : c’est pas de la grande littérature, pourtant la franchise a généré des centaines de millions de dollars aux US.

Je vais m’arrêter ici, parce que je pourrais en parler pendant des heures et, comme me l’a dit Anaïs en DM, ça me donne envie d’écrire une thèse.

J’espère sincèrement que cette édition spéciale vous aura plu et que ça aura éveillé des réflexions/questionnements chez vous. Si vous voulez en discuter plus amplement, vous savez où me trouver !

On se retrouve dans 2 semaines pour un retour au Club Édito normal. 🌿🌷

See you !

Chloé

Au fait, moi c'est Chloé

Ensemble, (ré)imaginons votre propre voix et rendons-la reconnaissable entre toutes.

Copywriting version DIY

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