Me voici de retour de vacances (absolument pas reposantes), pour vous proposer une nouvelle Ă©dition de cette newsletter đ
Avant de dĂ©coller pour un autre continent et de dĂ©connecter mail + IG, je me suis dĂ©lectĂ©e de vos compliments, commentaires et autres suggestions sur ma NL #1. Je remercie chacun.e d’entre vous de prendre le temps de me lire, Ă l’Ăšre oĂč on se fait harceler de contenus divers et variĂ©s. đ
Assez parlé, on y va ?
đ PensĂ©es (pas si) brĂšves & brĂšves pensĂ©es
Le marketing et la communication Ă©thiques, ça vous dit quelque chose ? đł
Au risque de froisser mes amies Ă©colos et autres aficionadas de la rĂ©duction dâenvoi de mails pour sauver la planĂšte, mon combat ne se situe clairement pas lĂ .
En tant qu’entreprise (solopreneur.e ou plus grosse structure), il est essentiel de trouver des clients pour dĂ©velopper son activitĂ©.
Sauf que, dĂšs quâil sâagit du marketing, on a le raccourci facile : ces techniques sont considĂ©rĂ©es comme bourrines et les gens qui les pratiquent, comme des maxi forceurs.
Soit. C’est sĂ»r que certain.e.s marketos desservent la cause en usant et abusant de mĂ©thodes douteuses. Ăa, c’est parce qu’ils ne pensent quâĂ une chose : profit, thune, moula, you name it.
Lorsque lâon est une entreprise soucieuse de son impact (et de son image), mieux vaut (re)penser son marketing de maniĂšre Ă©thique et en phase avec ses valeurs. C’est mĂȘme vivement conseillĂ©.
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Jâai donc pensĂ©, pour cette newsletter, dresser une liste des pratiques marketing so 1987.
Vous savez, celles des marketing bros, coaches de pacotille et autres gourous business ? Ceux que j’aime dĂ©tester, lĂ . Ouais, eux !
Plus globalement, ces pratiques qui sont Ă bannir dâurgence si vous voulez avoir l’image d’une entreprise cool. Et faire l’effort de considĂ©rer les gens autrement que comme des porte-monnaie ambulants.
Vous me lisez mais n’ĂȘtes pas du tout dans le domaine du marketing ? Voyez ça comme un jeu : avec cette liste, vous allez pouvoir dĂ©crypter les techniques bancales des marques. You’re welcome đ
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Fausse urgence (scarcity) :
Le compte Ă rebours ou, pire, le âstock faibleâ. Ce message chiant qui sâaffiche quand on regarde billets dâavion, genre â3 SIĂGES DISPONIBLES Ă CE PRIXâ. Ou sur B00king, â76 personnes regardent cet hĂŽtelâ. ArrĂȘtez de prendre les gens pour des… Bref.
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Mensonges et semi-vérités
Gonfler les chiffres ou exagĂ©rer des faits. Ta promesse de faire gagner 10K par mois, Benjamin(e), c’est prouvĂ© ? As-tu dĂ©jĂ toi-mĂȘme gagnĂ© 10K⏠par mois ? … C’est bien ce que je me disais.
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Fake it ’til you make it
J’en vois plein s’inventer une vie en mode « si je dis Ă tout le monde que j’ai plein de clients je vais finir par en avoir ». Euh… Y’a pas Ă raconter des gros mythos. Benjamin(e), arrĂȘte de faire ta Anna Delvey, c’est pas comme ça que tu vas grimper les Ă©chelons.
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Lyncher la compétition
Rabaisser et critiquer ouvertement ses concurrent.e.s pour mettre en avant son propre business⊠Non mais franchement, quelle stratĂ©gie de gros naze. JâAI PAS DâAUTRE MOTS.
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Ăcraser pour mieux rĂ©gner
Insister sur les pain points et faire se sentir mal votre cible, câest complĂštement dĂ©passĂ© et ça sâappelle de la manipulation. « Tu n’achĂštes pas ma formation ? OK, continue de rater ta vie ». Ew. Beurk. QUI fait encore ça ?!
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Stéréotypes malsains
PerpĂ©tuer des clichĂ©s ou vĂ©hiculer des gĂ©nĂ©ralitĂ©s⊠Si vous devez en arriver lĂ , câest quâil y a un gros souci avec votre stratĂ©gie marketing. Get some help!
âRĂ©cemment, j’ai vu une pub pour une brosse Ă dents… IllustrĂ©e par une meuf Ă poil, de dos. On voyait seulement la brosse Ă dents dans le miroir. Bonjour ! Les annĂ©es 90 ont appelĂ© et souhaitent rĂ©cupĂ©rer leurs pubs sexistes.
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Lâopportunisme
Se servir dâun Ă©vĂ©nement dramatique ou de situations politiques pour vendre⊠Câest non.Rebondir sur le mariage de Meghan et Harry, oui, c’est du newsjacking. Vouloir commercialiser un produit en Ă©voquant la mort dâune figure historique, c’est ĂȘtre une personne horrible. Et le 8 mars⊠On en (re)parle ? Câest quand mĂȘme pas compliquĂ© !
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Woke-washing
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De la mĂȘme maniĂšre, sauter sur la moindre cause sociale pour faire son beurre, câest moyen. Vous ĂȘtes une marque de fringues et voulez jouer sur le tableau de lâinclusivitĂ© avec des mannequins issu.e.s de la diversitĂ© ? Oh, well, vĂ©rifiez dâabord que vos Ă©quipes ne soient pas monochromes (blanches) (je @ qui comme marques, lĂ ?). CO-HĂ-RENCE.
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Et du coup, on fait quoi Ă la place ?
On privilĂ©gie : un positionnement clair, une stratĂ©gie centrĂ©e sur l’humain, la transparence, les preuves sociales, les Ă©tudes de cas et autres rĂ©sultats concrets. Pas besoin de bullsh!ter la planĂšte entiĂšre pour rĂ©ussir.
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Autre chose : câest pas parce quâon est dans le bu$iness, quâil faut se comporter comme un requin sans foi ni loi. Câest pas le Loup de Wall Street ici, calmos. Treat people with kindness, comme dirait quelquâun que je connais !
â Vous avez vu des exemples de bad marketing croustillants, rĂ©cemment ? Jâattends vos meilleurs screenshots en DM.
âïž Copy Crush
Parfois en français, parfois en anglais, selon mes trouvailles.
J’ai dĂ©barquĂ© dans le mĂ©tro New-Yorkais et une campagne de pubs uniquement composĂ©e de textes a attirĂ© mon regard. Et lĂ , ni une, ni deux : j’ai su que je vous en parlerais dans ce mail.
Y’avait ce format et plusieurs taglines courtes en format bandeau.
J’ai profitĂ© de tous les trajets en mĂ©tro pour les lire, en long, en large et en travers.
Le finsplaining, c’est quoi ?
DĂ©jĂ , un mot inventĂ© par l’entreprise en question, Titan. Ăa vous rappelle un autre mot ?
Normal. D’abord, y’a eu ça :
Et ensuite, y’a eu le finsplaining. C’est l’Ćuvre de ces mecs qui sont dans la finance, les crypto-monnaies et expliquent la fintech aux autres de maniĂšre condescendante.
Bon, ni vous ni moi ne sommes concernĂ©.e.s, je pense. Mais dans une ville comme NYC, j’imagine que ce genre de personnes horribles pullule. CQFD.
Revenons Ă nos moutons. Titan, c’est une app qui facilite la vie aux personnes qui souhaitent investir de l’argent dans diverses actions, dans la crypto, etc. En somme, on confie son argent et les conseillers investissent en temps rĂ©el sans qu’on ait Ă s’en occuper.
Dites donc, ne bĂąillez pas si vite ! Moi non plus, j’en ai rien Ă cirer, de Titan. Le plus intĂ©ressant arrive !
Ce que je veux vous expliquer ici, c’est que Titan aurait pu choisir de se positionner uniquement sur un aspect « gain de temps ».
Sa baseline aurait pu ĂȘtre « l’investissement pour les nuls ».
Mais la marque a choisi un crĂ©neau bien plus intĂ©ressant, en se positionnant Ă contre-courant : leur cible, c’est la personne qui veut investir, touche certainement sa bille en finance, mais en marre qu’on lui rabatte les oreilles avec les crypto et NFT.
Non, investir son argent n’est pas une personnalitĂ©.
En fait, la marque se fiche de ne pas plaire aux mecs de la finance qui parlent crypto 24/7. Elle veut que sa clientĂšle s’intĂ©resse juste ce qu’il faut Ă son investissement et laisse son argent entre les mains d’experts, pendant qu’elle profite de la vraie vie. Sans parler NFT pendant le brunch du dimanche.
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Ce qu’on retient :
- Un copywriting qui va droit au but et des punchlines qui piiiiiquent
- Un positionnement assumĂ© et revendiquĂ©, voire inattendu dans l’industrie pompeuse qu’est la fintech
- Plaire Ă tout le monde, c’est plaire Ă personne
- Des publicitĂ©s 100% constituĂ©es de mots, qui n’ont pas besoin d’images
- Le cĂŽtĂ© « relatable » (auquel on s’identifie) et sarcastique du storytelling, notamment incorporĂ© grĂące au « We » qui enlĂšve la distance qu’un « You » aurait mise.
J’espĂšre que l’anglais ne vous pose pas de souci – mais promis, je ferai l’effort de trouver une marque francophone cool pour la NL #3. Grande fan de la culture anglo-saxonne, j’ai du mal Ă Ă©largir mes horizons đ€
đ Minute Pop(illon)
Vu :
đș This Is Going To Hurt (Canal+)
La sĂ©rie porte bien son nom. Ămes sensibles s’abstenir ! Fiction inspirĂ©e de faits rĂ©els (adaptĂ©e d’une autobiographie), cette sĂ©rie est du style de mes prĂ©fĂ©rĂ©es : le dramedy, drame-comĂ©die. Ici, on suit Adam dans son quotidien de gynĂ©co-obstĂ©tricien dans un hĂŽpital public de Londres. Et, des coulisses de cet hĂŽpital, rien ne nous est cachĂ©. J’ai adorĂ© passer du rire aux larmes (humour british = ma vie) et voir des sujets tabous Ă l’Ă©cran.
đș The Wonder Years (Disney+)
Si vous cherchez une sĂ©rie good vibes, un brin rĂ©tro, je vous conseille celle-ci. Elle relate le coming of age (passage Ă l’Ăąge adulte) de Dean, un garçon de 12 ans issu d’une famille noire, Ă la fin des annĂ©es 1960. C’est Dean adulte, en voix off, qui raconte/commente ses souvenirs, avec sagesse, humour, espoir et nostalgie. Je m’y suis vraiment attachĂ©e, c’est une sĂ©rie doudou â€ïž
Lu :
đ Ceci est mon corps – Collectif d’autrices
Plusieurs essais sur plusieurs thĂšmes/parties du corps, qui parlent de se l’approprier, le connaĂźtre, ne pas l’accepter… En tant que personne souffrant du SII (google it, vous allez voir, c’est fun) depuis des annĂ©es, j’ai notamment Ă©tĂ© contente de reconnaĂźtre mon quotidien dans un essai. đ„Č
đ· Ety-mot-joli
âChaque mot a son passĂ©. Parfois insoupçonnĂ©, souvent surprenant… đ
âArnaquerâ :
Il y a comme un air de ressemblance avec le verbe « harnacher », non ? Ce dernier signifiait « équiper un cheval d’un harnais ». Jusqu’au temps de ce cher Roi-Soleil, oĂč « harnachĂ© » s’utilisait aussi pour qualifier une personne vĂȘtue de façon ridicule ou outranciĂšre… Comme un parvenu qui cherche Ă tromper son monde sur ses origines ou sur sa fortune (Anna Delvey, c’est encore toi ?). Et vous l’aurez devinĂ© : c’est de ce denier sens que naĂźtra l’idĂ©e de tromperie qui est derriĂšre toute forme d’« arnaque ».
Mille merci pour votre prĂ©cieuse attention. Vous avez des questions, des remarques, vous voulez me jeter des đ ou des đ· ? RĂ©pondez directement Ă ce mail ou envoyez-moi un DM sur Instagram.
Et sinon, retrouvons-nous dans deux semaines, mĂȘme heure, mĂȘme endroit. J’ai dĂ©jĂ le thĂšme de notre Club Ădito #3 ! Il me tarde de vous en faire part.
See you,
Chloé