#01 — Vraie entrepreneuse travaille 59h par semaine.

Cher lectorat du love,

Très heureuse (et un peu rougissante) de vous adresser cette première édition de Club Édito. Merci pour votre enthousiasme et vos abonnements en masse.

L’objet de mon mail vous a sans doute fait tiquer.

Rassurez-vous, je ne travaille pas 59H par semaine. Je travaille bien pl- non, je rigole.

Sans plus tarder, je vous invite à découvrir mes pérégrinations intellectuelles !

💭 Pensées (pas si) brèves & brèves pensées

Je ne pense pas que pour réussir il faut consacrer sa vie à travailler. Enfin… C’est ce que j’essaie de me rentrer dans le crâne. Explications d’une freelance crevée. ⤵️

Depuis que je suis à mon compte, j’aspire à la sacro-sainte semaine de 4 jours. À vrai dire, j’y arrivais, au début de mon activité. Aujourd’hui, impossible de m’y tenir. Je m’octroie rarement des pauses dans ma journée, encore moins dans ma semaine. C’est rare que je termine avant 18H, je m’impose des horaires de bureau, je culpabilise à fond, y’a toujours un truc à faire. Bienvenue dans ma vie.

Mais… Si moi, en tant qu’auto-entrepreneuse avec 100% d’autonomie et de contrôle sur mon planning, j’ai du mal à me contraindre à ne travailler que 4 jours… Qu’est-ce que ça dit de notre difficulté à travailler moins ?
 

Quelques pistes de réflexion, depuis ma position de travailleuse indépendante :

 

Travailler moins, c’est du taf

Oui. Parce que travailler moins, c’est devoir renoncer. Alors que je n’ai pas de mal à décliner des missions/tâches que je n’ai pas envie d’exécuter, c’est super difficile de dire non à des trucs que j’ai mégaaaaa envie de faire. C’est là que ça devient laborieux et que je dois mettre en place des stratégies pour bosser moins. Vous me suivez ? Vous connaissez ce sentiment ?


“Even a dream job is still a job”

Ahhh, le fameux travail-passion. On a beau aimer son métier par-dessus tout, il n’empêche que ce dernier est responsable de stress, de frustration, d’épuisement et autres émotions négatives. *insérer le cliché des montagnes russes de l’entrepreneuriat*

Toute la tendance du “side hustle”(activité complémentaire à un poste salarié) et la culture start-up des dix dernières années n’ont pas arrangé la chose…

Culpabilisation, capitalisme & co

Eh oui. Être digne de considération dans ce monde = bosser h24 et faire rentrer de l’argent, dans ses poches ou celles de son patron. Merci le capitalisme ! Dès qu’on effleure l’idée de prendre du temps pour soi, notre esprit se met en PLS.

La faute à qui ? À cette foutue culture d’entreprise qui, implicitement, culpabilise les salariés lorsqu’ils oooosent demander des jours de congés… Oh et je ne parlerai même pas du congé mat’, sinon j’ai pas fini de noircir les pages de cette newsletter.

Quand on est freelance, on peut ressentir la même chose en annonçant à ses clients que l’on prend des vacances. Spoiler alert: pour être efficace et/ou créatif, on a besoin de repos physique et mental. Thank you very much.

“Bonnes vacances bien méritées

Pourquoi “méritées” ? Cette réflexion déclenche une cascade d’interrogations dans mon pauvre esprit fatigué.

Pourquoi c’est aussi difficile de se reposer, d’accepter de prendre du temps pour soi, de faire une pause et de recharger ses batteries ?
Pourquoi se sent-on coupable de prendre des vacances ?
Pourquoi se reposer n’est acceptable que lorsqu’on a les Birkenstocks au bord du gouffre nommé “burn-out” ?

Quand on est applaudi pour sa réussite, ses compétences, son appétence pour le travail, ça instaure un cercle vicieux : on apprend à exceller pour être validé.e par notre entourage ou nos patrons, nos clients… Et pour exceller, il faut mettre les bouchées doubles.

Le syndrome du bon élève, on nage en plein dedans. C’est ce que la plupart d’entre nous a appris à l’école : bonnes notes = priorité ultime, avant de penser à soi. Quel enfer.

 

La volonté de travailler autrement

Conclusion ? Me voici usée par le sentiment de devoir constamment en faire plus pour faire mes preuves (à qui?!). High-five du désespoir, si vous me comprenez 🙌

Alors… Je suis officiellement déterminée à travailler moins, en dépit de cette culture du travail dont j’ai du mal à me défaire, et à mettre mon bien-être au centre de mon business. Les paramètres exacts qui régissent cette décision sont encore en cours de définition, cela implique de revoir mon business model et bien d’autres choses. C’est un processus long pour un grand changement nécessaire.

✏️ Copy Crush

Parfois en français, parfois en anglais, selon mes trouvailles.

Cette semaine, je vous présente Vacation, une marque américaine de produits solaires. Maxi crush sur le site Internet, donc j’ai décrypté la stratégie pour vous :

La crème de la crème (solaire) : recette d’une réussite

Le branding, c’est un tout. Pas seulement un univers visuel. Chez Vacation, les mots procurent un truc dingue : des sensations olfactives qui font appel à des souvenirs que l’on chérit tendrement et déclenchent une certaine nostalgie.

Donc – Oui ? Quelqu’un a levé la main ? *un élève imaginaire intervient* “C’est du marketing émotionnel, Chloé !”. TOUT À FAIT. Analysons tout cela ensemble, shall we?

Expérience on fire (comme ma peau sans indice 50+)

Univers visuel léché, les moindres détails ont été pensés pour créer une expérience utilisateur parfaite. J’ai l’impression d’être à la plage, alors que je suis juste sur un f*cking site de crème solaire, quoi. Et, en soi, la crème solaire c’est un plutôt relou, bien qu’indispensable pour passer des vacances agréables (et, accessoirement, éviter de ruiner son capital solaire) (team enfants de la lune).

Et le moment agréable, c’est toute la promesse du site Internet.

Euh… ON PEUT MÊME MIXER DES SONS DE VACANCES EN NAVIGANT SUR LE SITE. WTF. Là, j’écris en live des Caraïbes.

Positionnement unique

Comment, en tant que protection solaire, se démarquer sur le sable ? Vacation se positionne sur la nostalgie olfactive ! C’est pas ouf ?! Rien que de lire la liste de “poolside aromas” (maillot de bain mouillé, chlorine, dauphin en plastoc), 27 étés à la piscine me titillent les narines.

N’oublions pas qu’au-delà du design so 80’s des produits, c’est un truc qu’on va se tartiner sur le corps. Et aujourd’hui, bien des personnes sont exigeantes avec leurs cosmétiques. On veut une crème solaire vegan, cruelty-free, qui tient longtemps mais qui ne pollue pas l’océan… Et Vacation le sait, donc leur copywriter le souligne régulièrement. Subtilement.

 

Encore des mots, toujours des mooots

L’expérience utilisateur et la promesse de vente sont évidemment rehaussées grâce à un choix de mots judicieux et un tone of voice accessible. Juste ce qu’il faut pour nous faire acheter leur crème à $20, au lieu de la Nivea du supermarché. Ce que j’aime, c’est que Vacation nous vend du rêve, mais pas du bullsh*t. En fait, l’ensemble des textes fait référence aux étés d’antan. Ces étés qui n’étaient pas parfaits, mais ceux qu’on a le plus aimés, dans notre piscine gonflable ou au camping… (snif)

Mais regardez-donc le screenshot ci-dessous. Le champ lexical des vacances estivales, vous le voyez ? Ben j’espère bien que oui, parce que j’ai surligné tout ça pour vous :

3 leçons de strat’ édito à retenir de Vacation :

  • Soignez votre vocabulaire, vos textes sont un ensemble de mots qui travaillent à faire ressentir une émotion
  • Pensez EXPÉRIENCE CLIENT avant tout, c’est comme ça que vous arriverez à vous démarquer
  • Pour viser juste, connaissez votre cible sur le bout des doigts, aussi précise soit-elle (ici : “melancholic millennial who shops at Urban Outfitters just to feel something”) (c’est tout moi) (je file acheter ma crème)

🍭 Minute Pop(illon)

Vu :

📺 Minx (HBO Max)

Série comique centrée sur Joyce, une femme qui a aspirer à changer l’industrie de la presse dans les années 70, en tant que femme écrivaine, féministe et pleine d’ambition. Ce que je ne vous ai pas dit ? 1) elle est à la tête d’un magazine ér0tique destiné aux femmes et 2) elle a la volonté de changer la représentation des femmes dans ce type de revue. J’adooooore cette série.

📺 Single/Drunk/Female (Disney+)

Une série qui traite de l’alcoolisme – une jeune femme de 28 ans décide de se sevrer. J’ai trouvé très intéressant que le sujet ultra tabou de cette addiction soit abordé sous le prisme féminin, notamment avec un personnage aussi jeune. Plusieurs thématiques gravitent autour de la protagoniste, c’est facile et court à regarder. D’ailleurs, si le sujet de l’alcoolisme (féminin) vous intéresse, lisez-donc “Sans Alcool” de Claire Touzard.

Lu :

📖 Le monde est à toi / Martine Delvaux

Essai entre lettre d’amour et monologue intérieur, réflexions sur l’amour filial et questionnements sur le fait d’être une mère féministe… Touchée par cet ouvrage très personnel, je l’ai lu d’une traite !

🌷 Ety-mot-joli

Chaque mot a son passé. Parfois insoupçonné, souvent surprenant… 👀

“Vacances” :

Mot issu du latin “vacare”, être vide et formé à partir du mot “vacant”, soit “vide, inoccupé”. Plutôt ironique, quand on sait que le verbe “vaquer” possède deux sens contradictoires : il signifie à la fois “suspendre ses activités”, mais aussi “vaquer à ses activités”, plus proche du travail et loin de l’idée de vide… Tiens, tiens.

Et voilà. La boucle de cette première newsletter est bouclée.

Vous m’avez lue jusqu’ici ? Des félicitations s’imposent !

Allez, je vous laisse méditer sur tout ça. Si vous souhaitez répondre à cette première newsletter ou m’envoyer un DM Instagram pour me faire part de vos impressions, je vous en serai grandement reconnaissante.

On se retrouve le vendredi 29 avril ! En attendant, je vais visiter le lieu de tournage d’un grand nombre de séries et films que j’affectionne… 🍎🌭

See you !

Chloé

Au fait, moi c'est Chloé

Ensemble, (ré)imaginons votre propre voix et rendons-la reconnaissable entre toutes.

Copywriting version DIY

Mes templates de séquences mail prêtes à l’emploi,

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